| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Je suis allé travailler
tard, pas persuadé qu'il était bien nécessaire de
me presser. Après tout, ce sont les derniers jours du mois d'août
et j'ai décidé de les célébrer, de les marquer
du sceau de l'été qui perdure, avant de préparer l'automne,
ses activités et ses odeurs de pomme.
M.L. m'a téléphoné et m'a laissé un message bref, qui joue à penser que j'aurais pu l'oublier, que je me rappellerais plus qui elle est, ni même son numéro de téléphone. Et pourtant, je me le rappelle et je suis avec elle dans la mémoire, le lien. Je l'ai appelée ce soir, la voix n'a pas changé. Elle m'a raconté comment elle est elle-même dans son pays de rizière, loin. Elle m'a raconté comment elle pensait rentrer bientôt, ici, dans son pays de livres et d'images, de littérature douce. |
Je suis allé déjeuner
avec S. et je ne m'étonnerai jamais assez de sa conversation polie,
posée, comme s'il était entièrement dédié
à l'accompagnement, à la compagnie. A contre jour, je ne
parviens pas bien à le voir, et cela n'a d'ailleurs aucune importance
car
c'est la voix qui s'étend, qui ponctue qui est là et à
laquelle il convient de prêter toute l'attention. Le soir, c'est
la voix de G. au téléphone, qui s'essouffle presque dans
le vent de l'île, dans
l'été qui se termine, qui dit le soleil, l'idée de
vacances.
Je suis rentré doucement et je me suis échoué chez moi, ne parvenant pas bien à dormir, me réveillant, me réveillant encore, pensant à ce qui se fait, ce qui se dit, ce qui ne se fait pas, ce qui devrait aller plus vite. Je ne suis pas certain que tout aille pour le mieux. |
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lundi 28 août 2000
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