| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Dès le matin, très
tôt, j'étais en attente
de ce coup de téléphone. Je savais que tu rentrais aujourd'hui
et je savais aussi que tu ne m'appellerais pas. Que fais-tu ? Que faisais-tu
? Je sais bien que l'attente ne sera jamais l'amour.
Cela ne fait rien, j'avais beaucoup de travail, de ce travail que je m'invente tous les jours pour t'échapper, pour t'oublier, pour ne plus me regarder t'attendre. Comment était Beyrouth ? Comment était le Liban que je t'ai fait découvrir. Tu n'oserais pas me raconter les montagnes druzes et les routes bordées de genets qui accompagnaient nos promenades. Tu n'oserais pas me dire que tu pensais à moi dans le gris des montagnes et que tu aurais joué sans peine à tous les espionnages et à toutes les trahisons. |
Quand nous nous sommes rencontrés
tu avais cette vieille voiture jaune que tu disais aimer. Tu t'en souviens
certainement. A Pâques, nous avions mis 12 heures pour rentrer de
Ramatuelle où tes parents nous avaient prêté une maison.
Nous
étions en vacances pour très peu de temps. Aujourd'hui,
j'ai rencontré ta voiture. Il me semble que cela fait plusieurs
années que tu l'as vendue, cependant. Elle était dans une
rue du quatrième arrondissement, seule. J'ai
regardé les sièges, le cendrier est encore plein de mégots
de cigarettes blondes. Il y a quelques points de rouille supplémentaires
mais le jaune est toujours aussi éclatant. On ne voyait qu'elle.
C'est dans cette voiture aussi que nous avons parlé pour la première fois de nous quitter, de ne plus nous voir, de partir, et que nous avons pleuré. |
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vendredi 18 août
2000
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