à venir et déjà passé déjà passé et à venir
C'était la dernière journée sur l'île et je me souviens combien, il y a quatre ans, sur le bateau qui me ramenait vers l'aéroport, je pleurais, certain que je n'y reviendrais pas. De la dernière journée, le dernier matin, je l'ai voulu rituel, et j'ai pris la bicyclette pour aller jusqu'à la pointe de Jules Verne. Il n'y avait pas d'embruns, ni argonautes et il n'y avait que l'essoufflement de la côte montée trop vite, et le coeur qui battait de m'être échappé. 
La journée s'est ensuite passée en adieux discrets, à cette roche, à cet arbre, au pan de mur blanc, au tournant du chemin, au temps qui passe, qui me dit que l'année prochaine, j'aurai d'autres craintes, d'autres peurs, et que la vie ne reviendra pas. Tu ne m'as pas dit quand tu reviendras, je n'en sais plus rien, et si tu reviens encore, aurai-je à supporter tes naïvetés ?
Je suis allé à la Mola pour cette dernière journée et j'ai sans doute vu le phare qui a inspiré Jules Verne pour un de ses romans. Dans la montée, je pensais que c'était la deuxième fois et qu'elle avait le goût de la première. Il y avait un vent fort et devant l'abîme de la falaise, les jambes frissonnaient. Tu veux voir le phare et la falaise ? Tu veux partager des photos de vacances que j'égrène au cours de ces jours pour toi. Cela t'amuse, je le sais.
vendredi 4 août 2000
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