à venir et déjà passé déjà passé et à venir
La journée s'est passée calme. J'ai décidé de ne plus énerver ma vie à passer le temps à courir, à tirer les cornes du temps.
Tout le jour, j'ai attendu ton appel et tu as appelé. Le rendez-vous était près de l'orangerie du Luxembourg, là-même où, au coeur de la chaleur estivale, j'ai déjeuné avec J., sur l'herbe, comme en vacances éternelles.
Le soir, nous nous sommes revus, nous regardant à peine, oubliant le déjeuner, oubliant les messages et cet hôtel triste dans lequel tu m'as emmené pour te donner comme on donne aux pauvres.
Nous avons oublié chacun qu'il y a eu du plaisir, des cris même, je crois, et que la sueur des corps a marqué des traces sur les draps. Je ne sais pas pourquoi le désir joue.
Nous sommes allés dîner dans ce restaurant où tu m'avais fait croire que tu connaissais Marushka Detmers. Tu as parfois ces envies enfantines de m'étonner par le mensonge, par l'histoire, la fable. Elle était arrivée et tu lui avais souri comme si tu voulais lui faire comprendre qu'il n'était pas souhaitable que nous soyons dérangés. Elle n'est pas venue. Quel âge a-t-elle ? le mien, sans doute, ou presque. Nous avons vieilli. J'ai tenté de voir sur elle le temps qui m'est caché mais je n'ai rien vu, qu'une femme pas très maquillée et qui a fait un jour du cinéma.
Ensuite, dans la danse, dans le déhanchement rythmé, je perdais ton regard et te retrouvais sans te chercher, soudain et brusque, comme toujours. A la sortie, l'air était chaud et mes vêtements sentaient l'alcool et le tabac.
vendredi 25 août 2000
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