| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| C'est demain que
je pars
à Venise avec toi. Tu
as enfin accepté de m'accompagner dans un voyage qui menace,
qui tende et qui excite. Tu as enfin accepté de tenter la proximité
des corps nus dans un lit, des nuits entières à vouloir ou
ne pas vouloir se frotter, s'approcher, se définir tendres ou rétifs
et j'ai voulu que ce soit à Venise, que les clichés nous
assaillent et nous exténuent, que les promeneurs nous oublient et
nous prennent avec eux, avec leurs guides et leurs envies de gondoles.
Penses-tu que tu viendras vraiment ? Penses-tu que tu supporteras mon
désir
?
Je sais déjà que j'attendrai le tien en vain. |
C'est demain que
je pars
à Venise mais tu as renoncé à m'accompagner pour les
motifs futiles que la crainte permet d'inventer. Tu as prétexté
une angine double, qui était certainement réelle mais que
je ne pouvais pas croire. Je partirai donc à Venise seul à
moins que je renonce moi aussi, aux canaux, à la magie des
vaporetti.
D'ailleurs, devais-je vraiment aller à
Venise ?
Qui devais-je y voir ? Dans quel palais loué devais-je dîner et avec qui ? Je me souviens de toi dans ces atours de soirée, je me souviens de ce foulard rouge que tu tenais de tes ancêtres. Tu me l'avais soudain enroulé autour du cou et j'avais senti la caresse de ta main. |
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vendredi
14 avril
2000
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| hier | |
| 105 | 2003 |