| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| C'est encore la fatigue
qui marque mes yeux
le matin quand je pars et le teint se grisaille avec la pluie et les nuages
de novembre qui ont envahi le nouveau mois, débordant furieusement
des trente jours de tristesse qu'on leur avait accordés en deuil
exceptionnel d'un été froid.
Quand mes joues se marquent, c'est l'impression de carton qui domine lorsque j'arrive à capter une image que je ne reconnais presque plus dans le miroir inventif des vitrines des magasins ou de ces glaces de toilette violemment éclairées de néons qui permettent de distinguer jusqu'à la racine des poils de la barbe, et qui définissent avec une précision cruelle le mot "blafard". Dans le soir, le teint pâle se distend, il prend la couleur des murs, il se réchauffe au sombre, il se confond. Je me cache dans les draps comme on pleure dans ses mains, avec désespoir. |
La fatigue
apporte avec elle les agacements des jours. Elle ne dit rien d'autre que
le soleil qui manque, que la volonté d'arrêter le vieillissement
du corps avec de l'eau salée, de l'eau de mer, projetée en
vagues et jusqu'en gouttelettes sur l'ensemble du corps et qui sèche
ensuite en chair de poule avec un soleil à demi complice, seulement.
L'agacement du manque de sable en grains fins, donnés, fuyant sous
les caresses et restant cependant là, niché sur l'ensemble
du corps et partant à regret, dans la chambre, dans le lit, dans
les chaussures aussi où il reste longtemps et que l'on retrouve
dans l'hiver, sans y croire.
J'attends le soir pour rêver à la mer, et l'écume des jours appelle l'écume de l'eau, le peu de soleil demande le soleil, l'exige douloureusement. Il fait trop froid pour penser à toi. |
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mardi 5 décembre
2000
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