| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Cela fait plusieurs semaines
que les vendredis ont le goût de la liberté. Ils s'étalent
avec mollesse tout le long d'un jour pâle et ne disent plus que la
tendresse d'une semaine passée qui va s'éteindre en fêtes,
en sommeil, parfois dans tes caresses inattendues.
Le soir se donne vite, il n'attend pas pour passer dans la nuit et les rues déjà illuminées pour les fêtes accompagnent d'autres lumières les passants. Les voitures vont plus vite et font plus de bruit, ainsi que les motos. Dans la foule qui partait vers la Seine voir cette péniche abrutie qui n'en finissait pas de couler, premier attentat terrible, tel que l'on ne croyait jamais en voir ici, je remarque une silhouette inconnue, une démarche fraîche, légère, qui semble ne pas connaître la pesanteur de ce soir. Je te suis déjà, le sais-tu ? Dans la nuit. |
Dans le grand immeuble fermé,
c'est déjà le soir et je n'ai pas encore entendu ta voix.
Quand elle arrive au bout du couloir, je ne m'y attends pas. Je crois que
je l'imagine. Tu arrives dans la pièce, sans aucun doute sur ton
visage et sans aucun espoir qu'il réagisse mieux à mon sourire.
Tu prends ce que tu es venu chercher et tu pars, sans te retourner plus
qu'il ne le faut, plus que tu ne le souhaites. Une fois seul, ce que je
ressens d'abord, c'est le soulagement de cette épreuve terminée.
Puis je pars à mon rendez-vous et nul ne pourrait savoir le combat qui vient de se mener entre nous et depuis des années. Le soir, les rues disent que l'année se termine, que la grande boucle des saisons se referme sur mon cou, avec le froid qui vient et un froid encore plus grand sur la nuque à mesure que je m'éloigne. Je ne sais plus rien. |
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vendredi 1er décembre
2000
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