| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu m'as appelé.
Tu
avais une piste à Grenoble. Il fallait que tu partes. Ce n'était
pas prévu. Tu n'avais pas de billet. Je suis allé à
la gare voir si tu partais bien, mais tu ne m'as pas vu.
J'ai reçu un autre message de toi. Anodin et léger, si bien que je doute maintenant de son authenticité. Vous me fatiguez un peu, tous, avec vos histoires ineptes et vos amours courtoises qui ne me disent rien. Je me souviens de jours plus vifs, de regards aiguisés, de nuits où les sexes s'émouvaient de ne jamais se toucher et où la parole ne relayait plus rien. Vous êtes maintenant assagis, voyageurs et dociles, prompts à croire que vous vivez encore. Ridicules et confortables. J'attends que tu reviennes. |
La ville était
polluée
ce soir. Les quais fermés à la circulation dégorgeaient
tous les gaz. Mes yeux
pleuraient et ma gorge raclait sur le vélo. Je me suis dépêché
pour arriver à temps à la gare.
Tu étais sur le quai, tu parlais au téléphone, tu
n'as pas voulu dire avec qui. Je t'ai donné le sac que je portais.
Tu n'as pas vérifié si tout y était, s'il y avait
bien cette veste que tu m'as prêtée, un soir. Il faisait froid
et nous sortions du Batofar. J'y ai glissé une feuille de papier,
quelques mots, un dessin. Tu l'as trouvée tard. Que faisais-t J. est à Istambul, mène une enquête que je sais déjà impossible. Mathieu y a passé très peu de temps. Dans la rue, tout à l'heure, un jeune homme arborait un T-shirt au nom de "Galatasaray", le lycée français. (et aussi le club de football) |
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vendredi 25
février
2000
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| hier | |
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