à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je ne suis pas allé à ce déjeuner. Le mal de crâne reparu ne m'en a pas laissé le choix. Réveillé tard avec les tempes battantes d'un mauvais sang, pris de frissons et de nausées à chaque mouvement, même le thé léger m'a semblé une mixture épaisse.
Je n'ai rien fait et j'ai maudit ce dimanche de fièvre. Cependant, la maladie peut parfois apaiser. Elle calme le désir car le corps s'endort seul et ne réclame rien. L'odeur qu'il secrète est repoussante même à soi. On n'ose imaginer son haleine.
Personne ne m'aime assez pour que j'accepte une visite ces jours là. 
Je me rappelle les jours de visite.
Tendresse d'un dimanche doux, fait de cadeaux et de champagne, de baisers et de rires, de mots qui se disent : je t'aime, je t'aimerai. 
Un dimanche qui passe sur moi comme une rédemption, qui laisse entrevoir le rideau d'un avenir.
L'appartement s'efface et F. est loin maintenant. Je suis dans la vie rose des gens.
Mais je suis ressorti et j'ai traîné l'alcool du bar de la rue sempiternelle et je hais ce bar et les rencontres que l'on y fait, lourdes et nauséabondes.
Je voudrais revenir au charme de l'été, quand F. me regardait en souriant et pouvait même parfois, dans l'abandon caresser mon cou.
dimanche 9 janvier 2000
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