à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Alors c'est le jeu des regards qui a pris le pas encore sur ce que je devais écouter.
Pas seulement le regard. 
Ma jambe contre la sienne, frôlée et puis collée est restée chaude longtemps après. Le désir, animal, s'était fiché là et n'en démordait pas malgré tout ce que les yeux démentaient.
Un peu d'adrénaline, un peu de commerce, quelques négociations silencieuses pour mieux renoncer ensuite.
Je ne voulais rien avoir à connaître de ce corps.
Et pourtant. La nuit, maintenant, respire.
Dès le matin, le jeu subreptice a repris. Le matin, le regard est plus léger et fuit. Il n'aurait pas été différent si la nuit avait été mêlée. Le même secret, la même impatience, la même confiance dans le désir reconnu.
Mais il n'y a rien. Un départ, sans adieu. Sans espoir que le manque de F. soit comblé ce soir par un corps.
Envie de musique.
Je me rappelle cette ville de poussière ocre, et de boue les jours de pluie, et le port de tête de F., qui se refuse. Et qui acquiesce. Le souvenir associé au manque d'une chair à laquelle se coller devient insupportable et j'en viens à manquer de l'opium de Baudelaire.
vendredi 7 janvier 2000
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