| Nous sommes allés
voir les bateaux à Cala Saona. La calanque rocheuse accueille toujours
les plaisanciers d'Ibiza qui se disputent presque l'eau turquoise, les
poissons multicolores et quelques méduses aussi. La roche y est
encore plus ocre et plus piquante que partout ailleurs. Parfois, dans une
avance nonchalante, les couples anciens de l'île viennent s'estomper
un peu dans le soir, baigner leur chair flétrie et bronzée
dans l'eau rafraîchie. Je ne les envie pas et je sais que je les
rejoins. Nous sommes revenus par la route. J'ai bifurqué sur le
chemin qui mène au Cap de Berberia. Je crois qu'il faudra que j'y
retourne, j'ai cru voir des inscriptions qui méritent que l'on s'y
arrête davantage. Et toi, que fais-tu dans le soir
de l'été, quand tout
devient douillet et banal ?
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Je t'ai parlé au
téléphone, éprouvant encore une fois le jeu de la
distance et de la proximité. Je ne sais que te dire et comment te
faire entendre la mer et le ressac. Sur
les routes sèches de l'île, je pense à toi. Quand
je sens les odeurs de pin, je pense à l'enfance. Je
me sens las, parfois, l'été, à aller au soleil, puis
à revenir encore sous le soleil. S'enduire de crèmes
grasses et regarder comme le corps devient rouge. Ce sont les vacances.
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