| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| C’est une autre manie de
Bartolomeo que de donner des surnoms inspirés de l'histoire de Venise...
Jusqu'au chien de garde du caravansérail qui s’appelle Zeno, dans
un hommage inattendu à Carlo Zeno, glorieux capitaine, mille fois
blessé, mille fois vainqueur des Turcs et des Génois, aussi
vaillant que le chien Zeno dans ces incessantes batailles contre les rats
du souk.
« Le Chapelain ! le révérend Père ! Où est-il, vite, vite. » Sans attendre, Bartolomeo, bousculant une nouvelle fois le barbier au nom de doge, court vers l’escalier de pierre qui permet d’atteindre les toits en terrasse. Dans un coin plus abrité, il a fait installer un pigeonnier. |
Lorsque Bartolomeo Soranzo
était arrivé à Alexandrette,
on avait attaché sous l’aile d’un pigeon un billet portant l’avis
de son arrivée et demandant aux Vénitiens d’Alep de venir
à sa rencontre. Le message leur était ainsi parvenu en moins
de deux heures. C’était un pigeon de camp, avec le bec fort gros
et blanc, venu d’une certaine race de Babylone. Après
avoir constaté ce que, jusqu’alors, il ne croyait qu’avec défiance,
le nouveau Consul n’avait eu de cesse d’établir sa propre poste
aérienne. Depuis
un an qu’il était là, les pigeons étaient maintenant
nombreux et fort entraînés.
Aujourd’hui, précisément, Bartolomeo attend un message urgent d’Alexandrette : l’annonce de l’arrivée d’un bateau de Venise et d’une précieuse cargaison pour son consulat d’Alep. |
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lundi 3 juillet 2000
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