| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu m'as fait dormir tard,
forçant ma fatigue à me quitter un peu, à rester là
cachée dans les draps, sous la couette. Mais j'ai entendu ta respiration
qui me disait que la vie pouvait rester enfouie encore. Il y avait un jour
où le ciel bas se chargeait d'humidité. Il a plu ensuite,
jusque dans la piscine où je nageais. La pluie dans l'eau chlorée
marquait qu'il ne faisait pas froid, que l'on pouvait penser au printemps
et presqu'à l'été et faisait oublier toute idée
de vacances, de congés, de voyages. C'est déjà l'automne.
La pluie accélérait le temps.
Je suis allé me promener dans les bois dévastés. Je suis allé sans conviction me reposer dans une nature inconnue. Je n'ai presque pas pensé à toi, goûtant l'idée d'être seul et sans aucun espoir de toi. Où étais-tu dans cette promenade ? |
Les
pensées que j'ai pour toi font comme un labyrinthe, un quizz, un
jeu que l'on trouve à la fin des journaux. Cette écriture
est une écriture de mots croisés. Combien de grilles ont
été inventées ? Depuis le début, combien de
parcours fléchés ? Alors tu me dis que ces textes ne disent
rien mais les amateurs de mots croisés savent qu'à la fin
d'une grille, un instant, il reste comme un goût, un soupçon,
une
odeur intime de lettres et de mots, quelque
chose de rémanent, de fugace,
qui tache un peu les doigts.
Je suis allé à la piscine. Elle n'était pas découverte. Il n'a plu que la nuit, quand je suis sorti avec ma capuche pour calmer cette angoisse, pour calmer les mots que je n'avais pas écrits et qui se vengeaient en venant sans hâte faire fuir le sommeil que tu ne pouvais plus me donner. |
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dimanche 4 juin 2000
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