| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu me fais un cadeau immense.
Je pleure quand je le reçois. Tu prends le risque du cadeau,
à moi qui ne les aime pas beaucoup, qui ne sais pas comment les
prendre, les accepter, les laisser venir jusqu'à moi. Je
me souviens même d'en avoir refusé, d'en avoir laissé
derrière moi, oubliés, comme ça, pour que les autres
ne prennent pas des souvenirs, n'imposent pas des souvenirs, des attaches
que l'on retrouve ensuite, quand c'est trop tard, quand il y a déjà
de la poussière. Je
déteste les brocantes, tous ces souvenirs bradés, étalés,
ces âmes qui croient, ces rideaux en cretonne.
Je suis effaré par les essais de mémoire de cette société. Je suis ébahi de leur inanité. |
J'ai passé la journée
à trier du papier dans le bureau du vieil immeuble. Le calme de
ce jour m'a permis de travailler. Je suis ensuite parti dîner. Je
te rejoins marqué par la fatigue de la journée. Nous dînons
donc, dans le brouhaha des tables, dans les cris, presque, de la fête.
Il fait doux et nous finissons sur la place ronde de la Nation ; le rythme
de nos pas soulignés par des tambours et laissant les voitures tourner
insatiables.
J'ai reçu une carte postale de toi, je ne m'y attendais pas. Je sais que tu pars souvent en voyage. Je ne savais pas que tu connaissais Amsterdam. Mais ce n'est peut-être pas Amsterdam. J'ai cru un temps que tu ne reviendrais pas de Manille. Que faisais-tu sur les canaux ? Et pourquoi pas Venise ? |
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jeudi 1er juin 2000
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