| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu m'as accompagné
ce matin, j'avais rendez vous au café, juste en face, avec V., qui
est arrivée, avec des mules oranges, du soleil dans les cheveux,
comme des vacances, de la toilette. Que veux-tu me dire que tu essaies
d'appeler ce téléphone que j'ai perdu. Tu ne me dis rien
de toi dans les messages que tu me laisses. Je n'ai plus le temps de parler
de rien. Je suis arraché à toi, sans conteste.
Tu penses que je te verrai bientôt ? Le soir, alors que je rentrais dans la ville chaude, soudain très humide de quelques gouttes qui traversaient l'air piquant de pollution, j'ai croisé tes épaules dansantes et mon corps a frémi, sans résultat. Je ne pense plus rien de toi. |
J'ai
couru pour prendre le bus. C'est un des rares moments de vivacité
que j'ai connu pour autre chose que les bêtises des contraintes qui
sont posées.
Tu me dis ton bonheur de ne pas travailler davantage, que tu ne pourrais pas supporter de ne vivre que deux heures. Quelle idée. Tu crois que le travail ne laisse que deux heures ? Il laisse toutes les heures, tous les instants, toutes les vies. Parce que tu penses que l'espace de pensée se rétrécit quand le téléphone sonne. Tu me parles et tu crois vraiment que je n'écoute pas au profit de toutes les préoccupations de la journée. Je ne sais pas comment m'engager davantage vers un amour pour toi. |
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mardi 20 juin 2000
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