| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Ce
devait être une journée calme et c'est une journée
de bruit et de fumée qui nous a pris ensemble. Personne n'aurait
pu penser que la révolution commencerait en ce vendredi coincé
entre deux jours fériés. Ils sont venus en bande, se regroupant,
commentant d'abord doucement puis plus fort les décisions récentes.
Leurs voix mêlées sont arrivés jusqu'à nous
et les huissiers ont fermé les portes, baissé les grilles
et arrêté la porte à tambour.
Je ne sais pas comment l'histoire s'est terminée. Je sais que lorsqu'ils ont fait irruption dans mon bureau, tendus par leurs propres cris, je n'ai pas tenté de fuir. Je n'ai pas défendu les notes dérisoires qui jonchaient mon bureau. Je n'étais pas certain cependant d'avoir bien compris la marche de ces jours. |
C'était une journée
calme et c'était comme ça. Paris a retrouvé la chaleur.
Beaucoup de personnes ne travaillaient pas et faisaient des semblants de
congés, de vacances, de terrasses, allant même jusqu'à,
dénudés, marcher dans les rues avec des déhanchements
de paréos.
Alors que je revenais en voiture rue de Rivoli, j'ai vu sur le trottoir V. qui poussait une trottinette. Je ne l'imaginais pas avec un tel engin, déséquilibrée, elle qui est si haute et fine, et les hanches en avant, quand elle marche ou quand elle danse. Ce n'est qu'après, alors que la voiture allait dépasser le champ de la vision que j'avais de vous que j'ai aperçu que tu étais avec elle, sur une autre de ces trottinettes, mais la tienne était chromée et sans aucun doute un peu plus neuve. Mais tu étais aussi dans la danse. |
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vendredi 2 juin 2000
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