| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Je suis à Poitiers.
C'est bien. La ville s'étale sous mes fenêtres avec la douceur
portée des ombres des arbres fous. Je ne sais pas ce que Poitiers
me veut et me donne. Tu sais que la vie à Poitiers doit être
plus douce que la vie de Paris qui fait pleurer les yeux
et marche au coeur cassé.
Je suis arrivé en train et j'étais attendu, sans heurts, la voiture m'a emmené entendre les conflits de quelques personnes sincères. J'ai appelé au téléphone ton amour qui naissait, tu le découvres marchant droit vers la blessure du souvenir. Je ne te laisse pas faire et je ne crois pas que tu y gagnes. Quand tu me parles, la vie vibre. Quand tu me parles. |
Je suis à Poitiers.
L'hôtel m'offre une climatisation à télécommande
qui ouvre et qui ferme des volets, qui décide de la température
de l'air et du bruit, même, que le moteur doit faire ou ne pas faire.
Tout à l'heure, en m'endormant, je l'oublierai au risque de me dessécher
et de m'entendre tousser ensuite, la nuit.
L'hôtel de Poitiers m'offre aussi des volets roulants électriques qui montent et qui descendent sans bruit, sans encombre, sans surprise. Il y a le téléphone qui sonne et mon téléphone qui entend la phrase de ta vie qui me parle. Je ne comprends pas pourquoi tu me donnes ainsi soudain la ferveur. Tu ne comprends pas pourquoi je la refuse. Mais je fais semblant, je me cache et de toi je pleure. |
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lundi 15 mai 2000
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