| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Dès le matin, je
travaille, j'ai travaillé. Dès le matin. De la fenêtre
de la salle de réunion, le jardin du Luxembourg s'étonne
d'un matin oisif. Je regarde ceux qui courent et je les envie, me demandant
pourquoi je ne suis pas avec eux, et quand ils passent sous les fenêtres,
j'ai envie d'applaudir. On plaisante sur les pas des sénateurs avant
de rejoindre le Palais Bourbon, sans jardin, en travaux. Le bureau encaustiqué
ravive mon allergie.
Je suis rentré tôt, embrumé de rhume. Je me suis couché dans les rêves de vacances et d'arrêt. Je me suis couché seul, bénissant cette solitude qui évite de partager les miasmes. Je ne sais pas ce qui pourrait me sauver. Je ne t'attends plus. |
Je connais de nouveau cette
inflammation des bronches qui me renferme à l'intérieur de
moi, me fait voir le monde
à travers la ouate desyeuxqui
coulent, des muqueuses des sinus gonflés.
La journée s'est passée en conversations qui devraient produire des actions mais je sais déjà que nombre de ces mots resteront mots, que la déperdition d'énergie va être immense et qu'à la fin, mon action sur le réel aura été minime. J'aurai peut-être eu une idée, sans doute, que je n'aurai pas vu venir vraiment et qui m'aura été donnée sur un malentendu. C'est toujours comme ça et il faut laisser faire. Tu m'as téléphoné pour me convier à une fête. Tu me dis qu'elle est encore secrète, que tu n'en parles pas, que tu ne voudrais pas que cela se sache trop, que tu as peur. Comme tu veux. |
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mardi 2 mai 2000
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