| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Il y a dix-neuf ans que
l'orage Place de la Bastille annonçait que la France avait l'espoir
d'un renouveau. J'étais sur le pont d'.Austerlitz et un homme nous
a annoncé que François Mitterrand avait gagné. Tu
ne te souviens pas.
Je ne te prendrai pas au téléphone aujourd'hui si tu téléphones de Manille.Je ne te parlerai pas. Je n'ai aucune idée de ce que j'ai fait aujourd'hui. Le travail m'a envoyé dans le tunnel de l'oubli. Je prépare notre prochaine rencontre, je prépare les corps qui s'approchent et se frôlent, je prépare la danse enamourée des bustes l'un contre l'autre et je m'endors calme dans l'orage qui menace, comme tous les jours depuis plusieurs jours et l'électricité me pèse, seul. |
Aujourd'hui, il y avait
des étudiants qui retenaient des fonctionnaires et qui disaient
que c'était une oeuvre. C'était presque amusant. Que dire
de cette interruption qui marque la fatigue
sur les visages de ceux qui décident.
A l'Assemblée, mon regard part vers la statue de la place. Quand je veux sortir de l'immeuble, la pluie est si forte que je dois laisser ma bicyclette et revenir en métro. Tu ne me parles plus, de nouveau, mais cela me laisse sans goût pour la tristesse. Je ne sais pas ce que tu fais. Je parle plus de ce texte qu'il ne se fait. Comment attendre calme le flou que ta présence me donne ? Quand reviens-tu de Manille ? |
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mercredi 10 mai 2000
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