à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je ne sais pas ce que cette journée annonçait. Je savais que je voyagerais du Sud au Nord et du Nord au Sud et que je verrais enfin le cadre d'une fête, de débats et de fatigues accumulées.
Je ne savais pas que je te verrais, amoché par un rival malheureux que tu avais encore humilié et qui t'avait poché l'oeil comme dans un film en noir et blanc d'une ancienne ou d'une nouvelle vague.
Qui lis-tu lorsque tu lis ces lignes bleues ?
Je pense à toi baroque, dans les fumées et les danses arabes de l'OronteQue fais-tu sans moi dans cette vie ?
Je t'attends encore.
Je me suis caché dans mon bureau de la colline de Chaillot, goûtant encore l'odeur aigre de l'escalier et ces lieux que je n'aurai pas habité, sans amour.
J'ai choisi, peu à peu, de jeûner cette journée, de sentir monter en moi le gris de la faim puis le calme et enfin les tremblements du manque de sucre.
Je ne savais pas que je te verrai, et que tu aurais tant grossi que j'en serai ému. L'alcool a poché tes yeux.
La journée s'est apaisée dans le soir, le sommeil consenti, prévoyant un voyage, court et rapide dans le Nord.
Je me lèverai tôt et je ne manquerai pas mon train.
Tu viens ?
mardi 14 mars 2000
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74 2003