| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| De la salle de
réunion,
je vois l'horloge du musée d'Orsay et si je me lève, prétextant
le rhume qui pointe, la recherche d'un mouchoir, je vois les
alignements
vert pâle du jardin des Tuileries, à peine tachetés
par les passants peu nombreux par cet hiver qui ne se finit pas.
Tu me demandes de venir voir ton nouvel appartement et je m'exténue déjà de mes exclamations et de mes questions. Tu ne me parles plus que des jours qui passent, de ces travaux, de ces voyages qui ne viennent jamais. Tu ne me parles plus. |
Tu me dis que je
suis mystérieux
comme l'Orient, que tu
regardes
de loin avant de t'évanouir vers d'autres lectures d'une vie martelée.
Je ne sais pas pourquoi tu me parles et ne me parles plus, lances en
l'air
des mots que je n'entends plus.
Tout le jour avancé vers la pluie, toute la nuit, les gouttes vont cribler le toit et je sais que mon sommeil sera agité, difficilement calmé par le souvenir de l'absence de tes caresses. Tu te souviens que ce soir là, j'avais retrouvé ton ombre dans le jardin, derrière la maison, et que je me suis dit que ta bouche était fraîche. |
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vendredi 31
mars 2000
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