| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu me donnes de la solitude
comme on donne à boire à un petit enfant, par petites gorgées,
dans un verre adapté, en matière plastique pour qu'il ne
casse pas, pour qu'il apprenne, pour faire comme les grands. Tu me laisses
ainsi sans que je le sache vraiment, sans que je le perçoive et
je ne peux plus rêver
de toi sans rêver même dans mes nuits que tu pars, que tu me
laisses et mes rêves se cassent, plus vite que les verres de
plastique dur des enfants.
Je suis rentré ce soir sous la pluie. Je voulais laisser l'eau mouiller mon visage, jouer avec la pluie aux larmes. Je ne pleure plus quand je pense à toi. Je suis rentré, sans que tu le saches. Ton absence définitive ne te permet pas de savoir ce que je fais, de suivre mes pas et mes rêves. Tu te moques de tout cela comme tu te moques de la vie, de la mienne. Tu es comme le désert. |
Je ne sais pas comment j'ai
laissé cette journée se passer. Je ne l'ai pas conduite,
je ne l'ai pas décidée, je l'ai laissé faire, maussade
et douce à la fois, sans heurt et sans marques, si ce n'est tes
appels qui ne venaient pas, qui ne pouvaient pas.
Je vais partir pour New York, je vais aller dans la grande ville folle qui joue avec ses tours, je vais chercher une terrasse, un appartement décidé, lancé, rare et raréfié, avec des tapis sur le sol qui dessinent des meubles bas. Tu n'y seras pas et je m'en moquerai. Je crois que New York va me permettre de t'oublier, de ne plus imaginer ton existence sans moi. Quand je ne sais plus à quoi penser, je pense à New York, je pense à ta visite, à ces yeux que je voyais au café. Je ne pensais pas plus à toi qu'à personne quand je suis entré dans ce café et c'est à toi que je pense maintenant. La vie. |
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jeudi 23 novembre 2000
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