| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu ne me vois pas. Je suis
retourné dans ce café en face de chez toi dès que
j'ai connu la date de ton passage à Paris. J'ai étudié
avec patience les horaires d'avion. J'ai passé la matinée
entière derrière les rideaux un peu poisseux du café
sans grâce en face de chez toi. Pourrais-tu me dire un jour comment
tu fais pour échapper à ma traque et déjouer toutes
mes attentes
? Le
ciel était assombri par des nuages que je n'avais jamais vus et
le temps s'applique à être un temps de science fiction, de
nuées rapides qui cinglent les tours de la ville.
Dans toute la mémoire de notre histoire, tu ne reviens jamais avec la joie, tu reviens avec le désir, avec le plaisir parfois mais jamais avec la joie, un sentiment de bonheur, un étirement doux dans un matin lumineux. Je ne garde plus de toi que des souvenirs déchus. |
C'est devenu un rituel.
Le samedi, je me mets dans une coque lumineuse pendant vingt minutes. Un
ventilateur puissant passe de l'air sur mon corps et évacue la trop
grande chaleur qui brûlerait sinon. J'en ressors hagard,
la peau qui pique. Je peux ainsi donner le change pendant une semaine entière.
Je joue à l'idée qu'il s'agit d'un régénérateur
bionique, comme dans l'Homme qui valait trois milliards. Mais je
ne vaux que trois milliards de peine, de sentiments inachevés, inaboutis,
qui ne mèneront jamais ailleurs qu'à une mort
inéluctable.
La couleur des jours s'efface devant tes mots au téléphone, haletants presque, déçus avant d'avoir espéré. Tout le jour se passe sans que je le remarque vraiment et c'est déjà la nuit que je n'ai pas connu le jour. Je t'embrasserai dans mes rêves, si j'arrive à dormir. |
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samedi 4 novembre 2000
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