| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| La
tempête, cette fois, est terminée, on ne la voit plus, on
ne l'entend plus, on ne sent plus le vent sous la porte, qui ne claque
plus, comme s'il y avait cette colère qui dansait, qui se disait
dans le vent, qui apportait des charmes, des sortilèges, autrement
plus puissants que les fausses citrouilles déçues, qui regardent
passer les gens dans les vitrines. Tu m'envoies un message.
J'avais rendez-vous avec S. pour dîner et je savais qu'il me faudrait encore un peu de vin pour entrer dans la conversation atténuée que nous entretenons habituellement. Avant, nous avons parlé au téléphone. Tu t'habitues à l'Égypte. Je n'entendais presque plus ta voix, je ne savais presque plus qui tu étais. Comment imaginer que j'ai pu être tant amoureux de toi que je ne connais plus. |
Quand je regarde tes lèvres,
je les vois maintenant écrasées par d'autres lèvres
et dire des choses douces. Quand je vois tes yeux,
j'imagine toutes les larmes d'amour qu'ils vont pleurer pour d'autres corps
qui se seront donnés. Quand je vois tes mains, je sens l'absence
de leur caresse et combien elles savaient adoucir ma peau. Je n'aime plus
nos rencontres. Elles t'entourent de tant de vide. Je
ne voudrais plus te voir ni t'entendre.
Comment enlever de l'émotion toutes ces présences qui m'accompagnent, tous ces amours ratés, qui s'insinuent à chaque rencontre, qui avant même que tu ne parles, énoncent toutes les impossibilités et tous les déboires de l'histoire à venir, et déjà en cours. Puis l'on récite les Fragments d'un discours amoureux comme un bréviaire sans prière. Je voudrais être vierge pour toi et t'attendre sans attente. |
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vendredi 3 novembre 2000
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