| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Comment
crois-tu que je vais croire ce que tu me racontes ? Je n'ai pas de
mots pour dire mon doute. Et quand tu avoues, je suis heureux car ce que
tu avoues, je sais alors que je le savais et je sais aussi que ma souffrance
venait d'imaginer que je pouvais inventer tout cela, que j'étais
fou de croire que tu pouvais ainsi cacher ta vie à ma vie.
Nous nous sommes parlés longuement au téléphone sans aucun espoir que la conversation aboutisse à autre chose qu'à cette frustration, du trop peu de sens, du trop peu de vérité. Toute la journée, le temps a passé avec des nuages gris et blancs au dessus des fenêtres de l'appartement. Je ne suis pas sorti mais je n'ai pas attendu que tu me proposes de venir. Je ne t'attendrai plus, sauf ta mort, peut-être, après avoir pleuré. |
J'ai parcouru avec N. les
rues de Bagdad,
chaque nom de rue et chaque nom de quartier faisant resurgir une rue, un
quartier. Évoquant des noms de personnes, ce sont des visages amis
qui reviennent un peu flous.
Je suis resté chez moi. J'ai annulé tous les rendez-vous possibles que j'avais pour l'après-midi. Je me suis mis sur le lit avec des livres et des images et j'ai lu, j'ai dormi, j'ai regardé les images. Je me rappelle les après-midi d'automne à Bagdad, quand il y avait encore la sieste sur des couettes cousues à la main par les femmes sur les marchés. Entre l'Irak et moi, il y avait tout ce matelas de temps. J'ai pris quelques photos de la ville la nuit. J'ai beaucoup marché. Le texte s'évanouit. |
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dimanche 29 octobre 2000
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| hier changer de vie | |
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