| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Je quitte la pluie de Paris
pour le mistral de Nice puis de Cannes. La dernière fois que j'y
suis venu, tu te rappelles, c'était avec l'espoir de la prédiction
et j'ai attendu
qu'elle se réalise et elle s'est réalisée. La dernière
fois, c'était l'avenir, les coeurs qui battent, les longues conversations
qui racontent la vie passée et la vie à venir, les corps
qui se découvrent et qui s'embrassent même en dormant.
Aujourd'hui, ce n'est plus rien. C'est l'agacement et la lassitude qui prennent toujours le dessus. Ce n'est plus l'attente, ce n'est plus la tendresse. Je vais rester dans le silence un peu, loin de toi, à jamais. Je vais te faire cet ultime cadeau. Tu vas l'accepter. |
Quand on arrive à
Nice, on est toujours surpris que l'avion parvienne à trouver une
piste pour atterrir. C'est l'autoroute encore, mais cette fois, ce n'est
pas dans l'autocar doucement
lent que j'arrive mais après une course en convoi, gyrophares et
motards, comme un grand.
Avant Cannes, il y a l'idée de Cannes, l'idée d'un salon avec des gens qui travaillent et des fêtes qui dansent et qui chantent. Ce soir, je suis seul. Je ne suis pas dans l'hôtel où j'ai rencontré ton fantôme, mais j'y ai dîné. Pourquoi m'as tu laissé venir seul dans cet hôtel et dans cette ville ? Il n'y a plus aucun espoir d'amour, aucun espoir de tendresse. Je me rappelle bien les premiers moments passés, et déjà, tu écrivais toute notre histoire défaite. Je ne me rappelle plus rien que ton sourire. |
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lundi 2 octobre 2000
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