| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu dis que tu veux que je
sorte de ta vie. C'est ainsi, dans le bruit du restaurant, tu allumes une
cigarette, tes yeux
fuient un peu, clignent, reviennent se poser sur moi, scrutent mes cernes
et les rides de mes yeux,
regardent encore, cherchent les traces d'une maladie, de la vie, et disent
que tu veux que je sorte de ta vie. Je suis déjà loin. Je
réponds que je suis parti depuis des mois, que je n'étais
jamais vraiment là. Je dévoile des courses nocturnes à
travers la ville, des rendez-vous secrets que tu ne soupçonnais
pas. J'invente d'autres
textes qui racontent d'autres histoires et mes déceptions se muent
en renoncement.
Tesyeuxsont passés de la fuite à la colère. Tu feints ensuite le dégout pour donner de l'allure à ton départ de la table. Je reste. Ensuite tout le monde a été très gentil et on ne m'a pas laissé rentrer seul. |
Le ciel était dans
la pluie toute la journée et je n'ai pu penser un seul instant au
soleil et à la mer, comme si je ne savais plus ce que c'était,
ce que cela donnait, pourquoi on peut se rouler dans le sable et attendre
l'eau fraîche pour frissonner.
J'avais rendez-vous avec toi, avec ton absence définitive. Tu me regardes avec cette impatience qui t'est propre, ta hâte à construire, à détruire, à tirer, à pousser vers des mots que tu ne connais pas vraiment, que tu inventes et que tu crois pouvoir te rappeler. Je vais m'étendre tout à l'heure dans le noir de la chambre et repenser à ton visage. Comme sur les photos numériques, je peux dans le secret le retoucher, le colorier de tous les crimes, de l'abandon et l'effacer ensuite pour pouvoir dormir sans toi. Je ne sais pas pourquoi tu veux encore me voir. |
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lundi 16 octobre 2000
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