| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Quand je suis sorti du jardin,
au moment de traverser le hall pour rejoindre cette petite cour qui donne
sur le faubourg Saint-Honoré, j'ai croisé ta silhouette douce
qui arrivait. J'étais docte et discoureur, me tenant un peu penché
vers mon interlocuteur. J'ai regardé à peine mais ceux qui
m'accompagnaient ont remarqué le regard, m'ont souri et je n'ai
pu déceler s'il y avait là un peu de pitié.
Toute la journée, j'avais attendu cette réception là, certain d'avoir un peu de rires et de détente après l'enfer des coups de téléphone. Dans ton dernier message, je ne reconnais plus ta voix, je ne reconnais plus ton rire. Je ne te reconnais plus. Je suis rentré d'Avignon sans aucune des photos que j'y avais prises. Je suis au moins certain que tu n'y seras pas. |
Je me souviens bien maintenant
de ce petit voyage de vacances que je me suis offert dans la douceur du
dimanche passé. Je me souviens bien du retour surtout, avec le soleil
qui m'endormait, qui me lorgnait. C'était
avant. J'ai le
sentiment que tout est avant.
C'est un soir de souvenirs de coeurs qui battent. C'est un soir qui se rappelle plus loin que l'automne, plus loin que la pluie de l'automne qui vient. Il aurait fallu que tu acceptes de me dire sous quelles conditions tu aurais accepté de m'accompagner à Chartres dimanche, après quels chantages, après quelles tristesses. Tu te rappelles sans doute que Chartres est proche de Combray. Je t'y emmènerais aussi et nous pourrions pêcher dans la rivière. |
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mercredi 27 septembre
2000
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