| à venir et déjà passé | déjà passé et à venir |
| Tu te souviens ce soir-là
où nous nous promenions dans Lyon. Il y avait le pont et la rampe
du pont. Tu l'as prise en photographie et je voulais savoir pourquoi. Je
suis retourné voir ce pont et cette rampe, je l'ai prise moi aussi
en photographie et je ne sais pas pourquoi.
J'ai passé la journée à attendre qu'elle se passe. J'avais autre chose à faire avec ou sans toi, avec ou sans moi, dans le vendredi de fin de semaine, qui me laissait libre de te voir, de ne pas te voir, de t'entendre, de ne pas t'entendre. Comment sais-tu que je ne suis pas là, comment règles-tu tes visites chez moi, pour être certain que jamais je ne suis pas chez moi ? J'ai photographié la rampe du pont parce que tu n'étais pas là pour me prendre dans tes bras. Je le sais. |
Il y avait longtemps que
je n'avais pas reçu de message
de toi. Je sais maintenant
que tu me suis encore, comme un enfant pervers, qui ne veut pas dire bonjour
au monsieur, qui se cache derrière l'armoire et qui, une fois qu'il
a été attrapé, se colle au visiteur dans un désir
soudain irrépressible, puis pleure quand on le détache, pour
retourner se cacher. Enfants sans pères.
Je suis allé à la Cité des sciences et j'ai dansé dans le silence. On vous donne des casques. Silent hall. Le soir, je suis rentré sous la pluie de la pluie, l'automne arrivé, qui lave et qui dit que la fête est finie. Je me demande comment est la mer, qui reçoit toute la poussière de l'été sur elle, en elle, qui la charrie, qui prépare le bleu de l'été prochain, qui prépare le bleu. |
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vendredi 15 septembre
2000
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