| L'année dernière
au chiffre rond s'est terminée par le cri d'un amour déclaré
et je disais "je t'aime"
avec cette exaltation alcoolisée que l'on oublie plus tard. Je
regarde la douceur des temps comme un rien qui ne dit rien, comme le temps
lui même. Docile, le texte s'étiole en asymptote alors que
l'année arrive à son terme et je ne peux rien penser de tous
ces mots, dans la seule satisfaction de les clore.
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Il
y avait autant de soleil cette année sur la Bretagne que l'année
passée sur le Jura. Mais le temps est entièrement différent.
La peine de ces deux années est partie et je
pars dans un voyage qui pourrait bien continuer longtemps. Toi, toujours
dans l'insinuation du texte, avec toute ta mélancolie et l'absence
déclarée, il faudra que tu voyages avec moi et que tu imagines
au même instant que moi les paysages durs que je décrirai.
Puis je t'oublierai sans doute au détour d'une rivière dont
le nom me plaira trop. L'année
finit sans nostalgie,
sans toi.
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