J'aurais
sans doute pu un jour faire la sieste avec toi sous un arbre
qui nous aurait protégés du soleil et laissés dans
son ombre sans faire de bruit ou presque, jouant avec le vent. J'aurais
vu ta joue rosir légèrement avec le sommeil et ton corps
s'amollir dans la chaleur. Puis il y aurait eu ton souffle, entre tes lèvres
et je me serais approché comme pour
vérifier que ta vie que je prenais était à toi et
à moi, dans le même temps. |
Il
y a eu des giboulées aujourd'hui. Elles ont un peu hésité
entre la pluie et la neige, entre l'averse et le tourbillon, entre l'humide
et le sec, elles ont hésité et puis je ne sais plus, il n'y
avait que le froid.
Dans le soir malaisé
qui donne à peine l'envie de sortir, le rhume prend mon cerveau,
qui se laisse encombrer.
Je vais essayer de dormir,
sans trop cracher, sans trop tousser et puis sans penser à toi,
sans jamais penser à toi, sans t'aimer encore, jamais.
Je
me rappelle la neige mauve et comme tu me prenais dans tes bras si
j'avais froid. |