vendredi 9 février  Comme le temps passe : 2001 = 2000 + 1
Je ne suis pas si certain de pouvoir encore me rappeler ton visage, si ce n'est un air, comme le froncement permanent de tes sourcils, comme tes yeux qui tonnent et cette douleur diffuse qui revient sans cesse, qui revenait, qui dansait en lueur quand tu me regardais. Je ne suis pas certain de te reconnaître un jour, sous les voûtes d'une rue de Hama, ou à Damas, ou nulle part, dans mes rêves. Il y a longtemps que je n'ai pas rêvé de toi. Je crois que la dernière fois, j'étais au Caire et j'avais vu en me réveillant un documentaire sur les norias de l'Oronte dont le cri ne cesse, depuis toujours, de dire les peines d'amour. Dans le soir qui me ramène, c'est bien une sensation de transparence qui me prend et me transporte, qui fait que je traverse la ville et que personne ne pourrait en témoigner. J'ajoute une soirée blanche à une journée blanche.
Il ne me revient rien en tête, quelques bribes de mots, quelques bruits diffus de paroles. Sur le chemin, je m'arrête dans ce café de la place et je trouve par chance la table du dernier coin libre. C'est là que je peux cacher regarder le vaisseau coloré de Beaubourg qui danse à mesure que je bois de l'alcool. Je peux rentrer après. Je peux dormir et ne plus penser à rien d'autre qu'au mal de crâne.
hier
demain
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