| L'année dernière
aussi, je me le rappelle maintenant, je ne pouvais pas quitter mes draps,
en mémoire peut-être de ce onze novembre passé au lit
à Alep, dans d'autres circonstances. Ce
serait donc un jour de lecture, de lignes passées l'une après
l'autre, pour évader l'esprit de l'hiver qui commence, pour dormir
un peu et calmer ainsi, un peu, des angoisses données par le temps
qui passe comme le temps qu'il fait. |
Dans
l'église Saint Pierre de Montmartre, je
regarde les voûtes, je
cherche un peu d'inspiration, je
me demande en vain si je vais ressentir une effusion et m'approcher un
peu de toi en m'éloignant de moi, en oubliant ces douleurs qui persistent,
le mal de crâne, la bouche qui s'empâte, qui se fige et aucun
mot qui vient, la mémoire en bouillie et plus encore que le courage.
Je rentre le soir, je retrouve
ta voix, tes mots qui s'étendent un peu, ta mobilité à
ma fixation et je dors bientôt, je m'éloigne de toi et je
me réveillerai, loin de toi, loin, souffrant. |