| Le texte encore une fois
prophétise des événements que je ne connais pas, il
se trompe de personnes, il se trompe de ville, il se trompe sur tout sauf
sur le diagnostic certain d'une vie marquée d'accidents, de défaites,
d'idiotes vengeances de mots et d'angoisses, de ces rues qui penchent un
peu et qui demandent juste qu'on les laisse vides, qu'on ne les encombre
plus avec les cris des enfants, un peu de fumée blanche, une idée
ou deux de décoration molle. Et
je ne sais plus pourquoi je dénonce cette angoisse narcissique,
toi,
toi encore et toute ma défaite. |
Il
n'y a peut-être plus de raison de nous voir, pour ne plus rien se
dire, pour regarder sans passion tous ces jours passés et ce temps
sans espoir, qui revient et qui tournoie autour de nous et de nos pâles
conversations. J'ai aperçu ta silhouette sur le trottoir déchu,
celui que je ne regarde plus jamais sans penser à ce jour où
je me suis évanoui d'amour, à ce même endroit, là. |