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L'errance
revient demain et j'imagine déjà l'hôtel réservé
à la Ferté-sous-Jouarre
après avoir bataillé avec le changement de vitesse imprécis
de la vieille Peugeot, après avoir guetté le niveau de la
température de l'eau, le chaos des suspensions Mac Pherson et tous
les bruits du moteur. L'errance revient.
Elle
va continuer, elle va se dilater dans l'ensemble du temps de ma vie, elle
va parier sur le passé, sur les souvenirs, sur ce qui a été.
Elle va arrêter le temps, la course et la trajectoire insensée
qui avait été prise. C'est le dernier jour de l'été
pour moi et le dernier jour parisien. Je
descends les rues de la ville, avec précaution, et toute ma tendresse
ne sait plus où aller ni que faire et c'est soudain ce sentiment
de solitude qui danse aussi, qui danse pesant, comme un lutteur et qui
finit par terrasser toute joie. Je
suis si fatigué quand je ne voyage pas. |