| Car si je juge que
la cire existe,
de ce que je la vois, il résulte en tout cas avec beaucoup plus
d'évidence que j'existe aussi moi-même, du seul fait que je
la vois. Il est possible en effet que ce que je vois ne soit pas
vraiment
de la cire, il est
possible
que je n'aie même pas d'yeux d'avec lesquels voir quoi que ce soit
; mais il est
absolument impossible, quand je vois, ou (ce que je ne distingue
plus) quand je pense voir, que moi-même, qui pense, je ne sois pas
quelque chose. |
Je
n'ai
d'yeux que pour toi et quand tu n'es plus là si proche, je ne vois
plus, je ne connais plus et je n'existe donc plus, sans pensée,
avec peut-être un corps qui demeure, si quelqu'un peut encore m'en
donner l'impression et que toute la tendresse au monde se met à
chanter dans les rêves. La cire n'existe que parce que je pense et je n'existe que
parce
que je pense que tu existes, par esprit de spécialité,
par esprit de tendresse et sans que jamais rien ne demeure sinon ma
joie. |