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suis, moi, une chose qui pense, c'est-à-dire qui doute, qui affirme,
qui nie, qui connaît peu de choses, qui en ignore beaucoup, qui veut,
qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent ; en effet, comme je
l'ai remarqué avant, quoique
les choses que je sens ou que j'imagine ne soient peut-être rien
hors de moi, je suis pourtant certain que
ces
modalités du penser que j'appelle sensations et imaginations,
en tant qu'elles sont seulement de certains modes du penser, sont en
moi.
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Je
peux
reprendre mot pour mot : doute, affirmation, ignorance, imagination,
sensation,
pensée. Et je peux
légitimement supposer que tu es toi aussi
une chose qui pense, qui affirme, qui doute, qui nie, qui se perd en
moi
comme je me perds en toi. Je ne sais plus rien de tout cela, je
suis une
chose qui pense à peine, qui affirme peu, qui doute trop. Je suis
une pauvre chose qui pense, qui s'attarde aux riens et laisse échapper
l'essentiel, et comme le temps ne revient pas, je voudrais seulement le
ralentir un peu.
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