| Mais je ne connais
pas encore
d'une intellection suffisante ce qu'est ce moi, ce que je suis, moi
qui à présent de toute nécessité suis ; et il faut
désormais être sur mes gardes pour ne pas risquer
de prendre imprudemment quelque chose d'autre pour moi et m'égarer
ainsi même dans cette connaissance dont je soutiens qu'elle est de
toutes la plus certaine et la plus évidente. C'est
pourquoi je vais maintenant à nouveau méditer ce que j'ai
cru être autrefois, avant d'en être venu à ces pensées,
de quoi ensuite je retrancherai tout ce qui a pu être tant soit peu
infirmé par les raisons avancées, en sorte que, de cette
manière, il reste enfin, délimité avec précision, cela
seulement qui est certain et inébranlé. |
Pardonnez-moi
Seigneur parce que j'ai pêché. En actes et en pensées.
En pensées, je me suis rêvé moi, dans un monde imaginaire,
avec ces mains et tout ce corps, délimité avec précision,
avec une conscience ravie, qui dit le monde même. Pardonnez-moi
Seigneur,
parce que je me suis créé, en pensées et en acte,
et en acte, je ne suis pas allé à la messe, alors que c'est
dimanche, et que je pourrais être ailleurs, dans une église
franciscaine de Goa, si cela existe encore.
Je
pense
donc je me crée, et je crée le monde à ma suite. Meilleur
que Dieu ? Autre Dieu ? Dieu réel ? Et toi, tu as créé
quel monde, qui m'échappes sans cesse, dérobé à
celui que j'ai créé pour toi ? |