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donc, jusqu'à maintenant, que j'ai cru être ? Un
homme, sans doute. Mais qu'est-ce qu'un homme ? Vais-je dire un
animal
raisonnable ? Non, parce qu'il faudrait après chercher ce
que c'est qu'un animal et que raisonnable, et ainsi d'une seule
question
je tomberais en plusieurs autres et plus difficiles ; et je
n'ai plus assez de loisir pour vouloir en gaspiller à ce genre de
subtilités. Mais je me rendrai plutôt attentif ici à
ce qui, jusqu'à maintenant, se présentait à ma pensée
spontanément et tout naturellement, chaque fois que je considérais
ce que j'étais. Ce
qui se présentait d'abord, c'est bien
que j'avais un visage, des mains, des bras, et toute cette machine
d'organes
telle qu'on l'observe aussi dans un cadavre, que je désignais du
nom de corps.
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Un
cadavre.
Le mot est juste et de circonstance. Un cadavre n'est plus un animal ni
même raisonnable et souvent ceux qui l'entourent sont tout autant
dénués de raison.
Mais
la
question est plus difficile et si Descartes joue au mauvais élève,
je peux le faire aussi.
Mais
pourquoi
chercher ce qui est vrai quand ce qui importe aujourd'hui est de
pouvoir
adosser la réalité, ce semblant de réalité
trompeuse, à la fiction, à d'autres fictions et raconter
des histoires, toutes les histoires, pour pouvoir être encore et
regarder le monde, lui donner un autre sens que ce que veut le monde,
le
détourner, gratuitement, au profit de personne, même pas de
ce moi qui se moque d'exister. Descartes ne dit rien encore de
l'indifférence.
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