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je vois que dans ces cas et dans beaucoup d'autres j'ai pris l'habitude
de subvertir l'ordre de la nature : car c'est un fait que de ces
perceptions
des sens, qui n'ont été proprement données par la
nature que pour signifier à l'esprit ce qui est bon ou mauvais pour
le composé dont il est une partie, et qui, dans ces limites, sont
suffisamment claires et distinctes, je me sers comme de règles
certaines
pour discerner
immédiatement
ce qu'est
l'essence
des corps situés hors de nous, sur laquelle
pourtant
elles ne signifient rien si ce n'est de manière fort obscure et
confuse.
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Ce
qui
est curieux, dans le texte de Descartes, c'est ce "nous" qui apparaît
et qui n'apparaît jamais, qui laisse supposer un autre, "alter",
un autre que ce lecteur qui n'est jamais placé comme nécessaire.
Quelle est l'essence des corps situés hors de nous ? Quel est ce
"nous" ? L'espèce humaine ? Moi et qui ?
Et
sinon,
je me sers bien de mes sensations de plaisir ou de déplaisir pour
émettre sur ce qui m'entoure, entourage compris, des jugements
définitifs
qui ne signifient rien d'autre que l'incapacité de se taire, que
l'incapacité de retenir et contenir la pensée comme on le
fait de ses gestes pour ne pas, sans cesse, basculer dans l'indécence.
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