| De fait, je prends
ici la nature
de manière plus restreinte que pour désigner l'assemblage
de tout ce que Dieu m'a attribué ; cet assemblage contient en effet
bien des choses qui appartiennent au seul esprit, comme ma perception
que
ce qui a été
fait ne peut pas n'avoir pas été fait, et toutes les
autres notions connues par lumière naturelle, dont je ne parle pas
ici ; bien des choses aussi qui concernent le seul corps, comme sa
propriété
de tendre vers le bas et choses semblables, dont je ne traite pas non
plus
; je parle seulement de ce que Dieu m'a attribué en tant que composé
d'esprit et de corps.
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Ce
qui
a été fait ne peut pas ne pas avoir été fait.
Je prends souvent cette phrase comme exemple pour refuser la virtualité
des remords et des regrets, dans les moments les plus infimes et
intimes
de la vie mais aussi dans les instants les plus graves, ceux qui
touchent
à la maladie et à la mort. Et puis, aussi, comme tous les
hommes sur terre, j'oublie et je me prends à penser virtuellement
que ce qui est pourrait ne pas être, par pensée magique, par
souhait enfantin ou par simple refus obstiné de la réalité.
Je crois que seule la prière, la prière qui ne demande rien,
qui dit je crois et qui demande pardon peut me faire échapper à
ces palinodies.
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