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Il y a des sujets,
il y a des événements, de terribles sujets et de terribles
événements qu'il ne faut aborder qu'avec prudence, qu'avec
une terrible prudence et parfois, il faut accepter, il faut prudemment
accepter de ne rien dire, de ne rien écrire, mais pourtant sans
en détourner le regard, sans regarder en arrière, sans regarder
à côté. Regarder et ne rien dire, pour l'instant.
Une enseignante
a été poignardée dans un lycée à Étampes.
Elle a vraiment été poignardée. Elle est vraiment
à l'hôpital. L'élève s'est vraiment rendu à
la police. C'est un vrai fait divers. Et je remarque que je ne suis pas
le seul à faire preuve de prudence, de grande prudence dans le commentaire.
Je remarque que les journaux, que les dépêches
s'en tiennent aux faits, tentent de ne s'en tenir qu'aux faits. Les âges
: 27 ans et 18 ans. Aujourd'hui, on connaît le nom de l'enseignante.
On ne connaît pas le nom de l'agresseur. Tant mieux. C'est mieux
de connaître le nom des agressés.
Mais à force
de prudence, le non-dit des dépêches devient lourd, bien lourd.
On tourne autour. Ça
va finir par lâcher. Mais en attendant, je n'écris rien,
je ne dis rien. En attendant, j'attends et j'espère
que ça ne lâche pas, qu'ils ne se lâchent pas encore
une fois.
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