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Il
suffit de peu,
de peu de choses, d'un petit rhume, toutes les chansons disent qu'il
suffit
de presque rien, pour aimer ou pour disparaître, pour que ça
s'arrête ou pour que ça continue, de rien, presque.
Il
suffit d'un petit rhume pour que la présence au monde se voile,
s'amenuise, s'efface, on ne sent plus, on a chaud, puis on a froid,
et les dépêches
des journaux ne suscitent plus rien, que de se moucher entre les
rubriques.
Mais si le rhume
était un peu plus fort, l'effroi du monde, la peur du monde, l'effroi
du monde raconté par les dépêches, reviendrait.
Mais le
rhume voile
le monde, juste aujourd'hui.
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