| Est-ce qu'il faut que j'aime
les personnages ? Est-ce que je dois les aimer ? Il ne me semble pas que
ce soit une condition pour pouvoir les inventer et pour pouvoir les suivre
dans cette invention. Je peux ne pas les aimer. Je peux imaginer des salauds,
des personnages sales, des personnages qui font des saletés et ne
pas les aimer, et ne pas vraiment les aimer. Je
ne peux cependant jouer l'indifférence.
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Noëmie : Gustav frappe
Mathieu violemment. Pendant quelques instants Mathieu regarde Gustav, comme
incrédule. Il semble qu'il y ait aussi de la douleur, de la peine
dans son regard, de l'étonnement dans son regard et aussi un peu
de colère, de cette colère qui fait partir ou qui fait riposter.
Mathieu : tu es didascalienne,
tu ne commentes pas un match de boxe.
Noëmie : ne me mêlez
pas à vos histoires. Je ne fais pas partie de la pièce.
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Mais je ne peux pas savoir
et donc personne ne peut savoir si Gustav a vraiment frappé Mathieu.
Mais cette phrase même n'a aucun sens puisqu'il ne s'est rien passé
sinon la construction idéale, la construction par l'idéation
d'un coup porté par un personnage sur un autre personnage, le coup
d'un personnage qui, dans la tête d'un lecteur, la tète d'une
lectrice, ne ressemble à aucun autre personnage, ne ressemble à
personne et peut-être même ne ressemble à rien.
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