Si c'est
facile d'être ailleurs, il n'y a plus qu'à partir, sans
fatigue,
sans ennui,
sans ramasser toutes ces traces de fatigue
ni toutes ces traces d'ennui.
Il faut partir, comme Rimbaud disait qu'il faut partir, qu'il fallait partir,
qu'il faudrait partir.
Pour un texte, un départ,
ce n'est pas le récit d'un voyage. Le texte peut tout bonnement,
tout facilement, pour commencer sa dix-huitième séquence,
aller ailleurs, vers d'autres genres, vers d'autres figures, d'autres propositions,
d'autres syntaxes et d'autres lexiques.
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Une voix de femme et l'on
peut tout aussi bien supposer qu'il s'agit de la voix de Noëmie :
la scène vide, entièrement vide, complètement vide,
la même scène mais sans le canapé, mais sans le téléviseur.
La scène avec une lumière sans effet, sans autre effet que
d'éclairer la scène. L'image de la scène vide sur
l'écran blanc, sur le grand écran blanc. Puis l'image se
déporte vers la droite, c'est l'image qui se retourne vers les fauteuils
de la salle, vers les fauteuils en gradins, vers le gradinage. La salle
est vide. Sur l'image projetée sur le grand écran, la salle
est vide, entièrement vide et les fauteuils repliés, sauf
peut-être un ou deux au ressort usé. Il n'y a pas de son.
Il n'y avait pas de son. Mais soudain, on entend des applaudissements,
on les entend fort.
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J'ai
proposé au texte d'aller ailleurs et ce qui a été
écrit avant le texte suffit à en donner la preuve, y suffit
bien. J'ai proposé au texte et avec le texte aux personnages d'aller
ailleurs et peut-être même, de faire autre chose. Mais le texte
est revenu à son dispositif formel, ce même dispositif reconduit,
donc reconduit en dix-huitième semaine, comme dans ces jeux télévisés
que je ne regarde plus, comme ces feuilletons qui usent l'idée même
de narration.
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