| De
quel texte s'agit-il ? Puisque le mitant de l'année est dépassé,
la question du statut du texte qui s'écrit revient avec insistance
et je dois rappeler sans cesse qu'il ne s'agit pas d'un texte, qu'il ne
s'agit pas d'un texte consommable, d'un texte que l'on pourrait
consommer,
d'un texte tout préparé, édité, travaillé. Ainsi, la question du
statut du texte ne se pose-t-elle pas car il ne s'agit
pas d'un texte. Je
pourrais seulement concéder qu'il s'agit d'un
travail d'écriture. |
Gustav : et si
le téléphone
ne sonnait pas. Et si le téléphone était déglingué,
complètement
déglingué, comme un téléphone qui a été
jeté contre un mur, qui a peut-être été jeté
contre un mur plusieurs fois après une conversation téléphonique
douloureuse, après une conversation de rupture, après une
conversation de dépit, de colère, après une conversation
douloureusement amoureuse...
Mathieu : ce
serait une pièce
de boulevard.
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Et cependant,
c'est bien
le statut du texte qui est en jeu. Le texte veut bien être ceci ou
cela mais ne veut pas être une pièce de boulevard, ne veut
pas en emprunter les codes, les signes, les effets. Le théâtre
contemporain a pris la pièce de boulevard comme repoussoir. La critique
contemporaine s'est appuyée contre la pièce de boulevard
et contre le roman de gare pour dénoncer les
téléphones qui sonnent dans une diégèse
appauvrie. Mais le problème de l'écriture n'est pas, pour
autant, celui-là, d'échapper ou de ne pas échapper
à l'événement téléphoné. |