| Il doit bien cependant y
avoir des rues qui ne sont pas n'importe quelle rue. Il doit bien y avoir
des rues qui viennent en mémoire quand il s'agit de rassembler la
mémoire pour symboliser, pour produire du symbole. Il doit bien
y avoir une rue que Gustav pourrait appeler dans sa mémoire pour
produire du symbole textuel, textuel ou diégétique. Il devrait
bien avoir au moins une rue.
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Je
ne peux vous laisser seuls dans toutes ces rues indistinctes, je ne peux
vous laisser dans cet amoncellement de rues, dans les rues de votre mémoire,
dans les rues de ma mémoire. Il faut tenter une typologie. Nous
allons d'abord séparer les rues de l'enfance des rues de l'âge
adulte, à supposer que vous soyez des adultes. Nous n'allons garder
que les rues de l'âge adulte. Les rues de l'enfance sentent le bonbon,
le lait, le soleil et elles ont déjà été trop
utilisées. Des rues de l'âge adulte, nous allons séparer
les rues des rencontres amoureuses de toutes les autres rues. Et nous allons
jeter les rues des rencontres amoureuses. Elles sentent le parfum cosmétique
et elles ont déjà été trop utilisées.
Alors il reste des rues
et la première qui viendra à l'esprit sera celle que, dans
un premier temps, nous allons garder et nous en ferons le symbole de la
rue, le symbole moderne de la rue moderne, nous la filmerons et ce film
sera symbolique. Ce film sera le symbole de l'indistinct de la mémoire.
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Si c'est un monologue, c'est
un monologue intrusif, qui convoque une rue, n'importe quelle rue dans
la mémoire et qui en fait le film symbolique du symbole, un symbole
au carré, un symbole.
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