Est-ce
que le cheminement
de Noëmie la conduit au corps
en passant par la ville, la ville qui passe. C'est ce que propose le
matériel
textuel aujourd'hui. Le corps
et la ville. Il date d'un temps où les rues de la ville étaient
parcourus par des corps.
Ce temps, c'était hier. C'est peut-être aujourd'hui. La difficulté
avec le présent, c'est ce peut-être qui lui est
systématiquement
accolé. Et puis il y a tous ces hier qui ont acquis un peut-être.
Mais ce qui toujours pourrait être, c'est le corps,
le corps
dans la ville et puis un autre corps. |
(Noëmie)
C'est dans
les journaux. C'est aussi dans les journaux télévisés.
C'est dans les magazines. C'est dans les magazines hebdomadaires et
dans
les magazines mensuels qui parlent de l'art ou qui parlent de la ville,
qui parlent des arts, qui parlent des villes, dans tous les magazines
qui
commentent cette expérience de théâtre-réalité
qui va durer toute une année, comme une performance théâtrale
jamais égalée, à trois personnages et je suis Noëmie
et je suis un de ces personnages et mon rôle est de vous accompagner,
de vous aider à trouver le sens. Je suis Noëmie la didascalienne.
On ne m'a pas encore donné de corps
et je suis aussi à la recherche de mon corps,
de ce corps,
du corps
et je passe par la ville, je passe parfois par la ville.
Et
cela n'intéresse personne.
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Il y
a des étapes.
Que les personnages, que Noëmie définissent ce qui est appelé
le
texte comme une expérience de théâtre-réalité,
qu'elle le nomme ainsi, qu'elle plonge l'espace narratif, la diégèse,
dans le temps qui passe comme le temps passe, qu'elle fasse se
rejoindre
le temps diégétique et le temps qui passe était sans
doute inscrit dans le protocole même d'écriture.
Mais il s'agit, il ne peut
s'agir, que d'une mise en abyme car le temps diégétique est
par nature inassimilable au temps qui passe, insoluble dans le temps
qui
passe. C'est ce en quoi le temps diégétique rejoint le temps
de la mystique, le temps mystique.
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