| Les spectateurs
sont silencieux
mais on ne sait pas ce qu'ils regardent et l'on ne sait pas ce que l'on
regarde de la même façon qu'on ne sait pas ce qu'on lit. J'ai
des difficultés à tenir le fil de cette histoire de scène
dans la scène et pourtant, il est clair qu'il s'agit de la
représentation
d'une scène. Gustav a convoqué Mathieu et Noëmie dans
un théâtre. Si
l'on imagine qu'il s'agit d'un spectacle, la scène représentée
est celle d'un théâtre vide, ce qui pose donc une question
scénographique qui paraît insoluble. |
L'image projetée
demeure longtemps celle de la salle comble, l'image de spectateurs
silencieux
et immobiles dans la pénombre, dans la presque obscurité
de la salle de spectacles. Cela dure aussi longtemps
que possible. Puis
l'image revient vers la scène. L'image redevient l'image de la scène
vide, cette même scène entièrement vide. La scène.
On entend le bruit que fait un spectateur qui tousse pendant un
spectacle.
On entend le bruit que fait un spectateur qui baille pendant un
spectacle.
On entend des mouvements d'impatience. Un fauteuil qui se relève
brusquement. L'image redevient l'image de la salle et non plus l'image
de la scène. Il y a toujours les spectateurs. Ce sont les mêmes
spectateurs. Ils applaudissent. |
Et je vois, et
je lis, que
le dispositif scénique qui se met en place, et cette installation,
celle-là même qui pourrait être le début, qui
pourrait être le commencement, cette installation, la description
de cette installation, se fait au détriment de l'écriture,
au détriment du texte, au détriment de ce qui pourrait faire
style ou sinon style procédé. Mais ce n'est pas important. Mais
ce n'est pas pour moi important. Je peux reprendre la
description
de
l'installation en travaillant le texte. |