| Diégèse | samedi 4 mars 2006 | ||
| ce travail est commencé depuis 2255 jours | et son auteur est en vie
depuis 16708 jours (22 x 4177 jours) |
2006 | |
| |
|||
| hier | |
L'atelier du texte | demain |
|
| le texte | après le texte |
| C'est le dernier jour. C'est
le dernier jour de la neuvième séquence mais c'est aussi
le dernier jour de la première séquence avec, de bout en
bout, du début jusqu'à la fin, trois personnages, les trois
personnages, ensemble, continuellement ensemble, se parlant, se parlant
beaucoup, se répondant, se taisant ou se faisant taire, mais ne
se touchant pas, ne se touchant jamais, ne pouvant jamais se toucher.
C'est le dernier jour. C'est le dernier jour de la neuvième séquence et les personnages, qui ne se touchent pas, ne voyagent pas non plus, ne peuvent pas non plus voyager. Pourtant, ils simulent. Ils simulent le plaisir du voyage. Ils simulent l'envie du voyage. Ils simulent l'ennui du voyage. Ils sont comme des enfants. Ils sont comme des enfants qui s'ennuient et qui jouent. Ils sont comme des enfants qui simulent et qui jouent. Ils jouent. |
C. On
n'arrive pas. On n'y arrive pas. On n'y arrivera pas. On n'y
arrivera
jamais. On n'y arrivera jamais plus. B. Mais le voyage. Mais un voyage... C. se lève et quitte ce que l'on peut considérer comme une scène, quitte ce que l'on peut aussi considérer comme une pièce. La scène et la pièce ont ceci de commun qu'elles sont sans décor. B. On pourrait imaginer que l'on voyage. On pourrait imaginer que l'on va voyager. On entend la voix de C. qui lit : que j'imagine une chèvre ou une chimère, il n'est pas moins vrai que j'imagine autant l'une que l'autre. A. Les
méditations
métaphysiques.
|
Je n'ai pas parlé du froid. Les outils, les matériaux indiquaient de façon concordante qu'il ne fallait pas parler du froid. Je n'ai pas parlé du froid. Je ne l'ai pas cité. Je n'ai pas indiqué qu'il ne fallait pas en parler. Les personnages ont évité le sujet. Pourtant, le texte est froid. Pourtant, le texte s'est refroidi. En une journée et une nuit de pause, le texte est devenu très froid. Il fait sortir le personnage féminin qui ne revient que sous la forme, la forme sonore de la voix du philosophe. Il évite le froid mais n'évite pas, mais n'esquive pas l'amour, l'impossibilité de l'amour, l'impossibilité même de compenser par le voyage l'impossibilité de l'amour. Le voyage à Venise, chimère amoureuse, constante chimère amoureuse dévoile son caractère chimérique, son caractère entièrement chimérique. Le voyage dans les ruines, l'excursion, l'incursion dans les ruines, rappelle son caractère essentiellement érotique, potentiellement érotique, le cache cache. |